32e Université d'été de la nouvelle économie

Comment sortir de la crise de l'État-providence?

C'est un caractère historique qu'a revêtu la 32e Université d'été de la nouvelle économie, du 21 au 24 août à Aix en Provence. En effet, comme lors de la première édition de 1978, il s'agissait de surmonter les sophismes keynésiens et l'échec inéluctable des politiques économiques interventionnistes. Aperçu non exhaustif.

Hôte d'honneur, le célèbre économiste Leszek Barcelowicz, ancien ministre polonais des finances, ancien président de la banque centrale de Pologne, docteur honoris causa de l'Université d'Aix en Provence en 1993, a rappelé que la crise est due à la politisation de l'économie, à la concentration du pouvoir, et non aux marchés, qui comme un médecin, ne font qu'établir le diagnostic.

Pascal Salin, professeur émérite à l'Université Paris-Dauphine (et membre du conseil académique de l'Institut Libéral), incrimine en particulier la manipulation des taux d'intérêt par les banques centrales: un taux faible incite à investir dans des activités risquées ou non rentables. Il souligne que l'épargne est insuffisante en raison des politiques fiscales et des retraites par répartition et que la création monétaire est inutile, la déflation naturelle permettant d'augmenter le niveau de vie.

Victoria Curzon Price démontre quant à elle que le protectionnisme, qui gagne du terrain dans l'Union européenne, conduit au chômage et à la décroissance. Aux salaires bas des pays émergents, les pays occidentaux peuvent opposer une productivité incomparable. Ce qui les empêche d'être compétitifs ce sont leurs charges sociales et leur modèle social. Elle donne l'exemple de la taxe CO2 qui rend inapte à la concurrence mondiale les principales activités économiques, hormis celles improductives de l'Etat-providence et de l'environnementalisme.

Jean-Pierre Centi, doyen de l'Université Paul-Cézanne, rappelle que le pacte de stabilité de la zone euro se donnait pour objectifs : 3% de déficit maximum et 60% du PIB de dette publique maximum. Il s'agissait d'objectifs purement arbitraires. La règle était pourtant l'équilibre budgétaire au XIXe siècle. Cette règle a été oubliée au profit de la théorie keynésienne selon laquelle le devoir d'agir passe par la pratique du déficit budgétaire.

Lors d'une session sponsorisée par l'IREF, Les institutions helvétiques se caractérisent, souligne Victoria Curzon Price, par la décentralisation politique et la démocratie directe. Il en résulte une concurrence institutionnelle vive, un processus de découverte permanent, une limitation du pouvoir politique et des impôts raisonnables, même si les dépenses publiques sont trop élevées.

Pierre Bessard rappelle que le secret bancaire n'est pas un privilège mais une protection envers l'État et envers les tiers. De même les paradis fiscaux participent à la préservation des droits individuels et permettent un arbitrage vis-à-vis des excès budgétaires. La minimisation fiscale est un devoir moral. L'État devrait être au service des citoyens et non l'inverse.

L'impôt est un moyen dans l'Etat limité à ses fonctions régaliennes, soutient Jean-Philippe Delsol, administrateur de l'IREF. Mais c'est une arme dans l'État-providence, une arme au service d'une idéologie. Il s'agit d'égaliser, de déraciner les fortunes, selon l'expression d'un certain Maximilien Robespierre... L'impôt proportionnel serait dès lors une réforme bienvenue face à la violation élémentaire du Droit que représente la progressivité.

Steve Davies, professeur à l'Université de Buckingham, souligne que réduire l'État-providence rencontre des oppositions. Pourtant il ne peut pas perdurer. La vie sociale en est trop fortement endommagée. Couper dans les dépenses fait mal. Steve préfère donc présenter les choses autrement: le choix privé est l'expression de la liberté, qui seule permet l'extension de la société civile, la croissance du marché et la sortie de crise.

Douglas Den Uyl, vice-président académique du Liberty Fund, réfute les arguments avancés en faveur de l'État-providence: la défense des pauvres, la notion de besoin plutôt que celle de profit, l'égalité etc. Or, l'État-providence c'est donner aux uns en prenant aux autres, c'est la dépendance, l'inégalité réelle, la stagnation économique. L'État social conduit à l'atomisation de la société. Il s'oppose à un comportement moral et encourage l'égo-centrisme. En effet, une personne ne peut être morale que si elle accepte la responsabilité de ses actes et qu'elle agit selon des principes. Ce qui suppose d'être libre de choisir ses principes d'action. Ainsi il est moral d'aider volontairement les autres en leur consacrant 10% de ses revenus. Il n'est pas moral que ce soit l'État qui prélève, par la contrainte, ces 10% pour aider les autres.

25 août 2011