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La progression globale

LIBERTÉS ÉCONOMIQUES. Légère amélioration mondiale. La Suisse maintient sa 4e place.

Hong Kong continue de bénéficier des libertés économiques les plus étendues dans le monde: c'est ce que montre l'indice annuel Fraser publié aujourd'hui en collaboration avec nonante think tanks indépendants (dont l'Institut Libéral en Suisse). Le résultat suggère que la formule «one country, two systems» prévaut encore, mais si la Chine, qui n'arrive qu'au 111' rang sur 157 pays analysés, devait limiter de plus en plus les marges de manœuvre de sa région administrative spéciale, il faudrait s'attendre à une régression. Au niveau global, les libertés économiques affichent une légère amélioration, l'indice passant de 6,84 à 6,86 points (sur un score optimal de 10). Parmi les reculs les plus spectaculaires par rapport à l'an dernier, on notera les Etats- Unis, qui passent du 12e au 16e rang, et la France, qui glisse du 58e au 70e rang: les politiques publiques socialisantes de leurs gouvernements commencent à se refléter dans la pratique.

La Suisse demeure le pays le plus libéral du continent européen. Elle conserve son quatrième rang mondial, derrière Hong Kong, Singapour et la Nouvelle-Zélande, et maintient une avance sensible sur le premier Etat de l'Union européenne, l'Irlande, qui pointe en huitième position. Cependant, elle perd encore du terrain dans le domaine du droit et de la protection de la propriété. Par rapport à l'an dernier, la régression se monte à 0,1 point, l'indice de ce paramètre passant de 8,4 à 8,3. L'évolution est plus préoccupante sur la durée: la sécurité juridique en Suisse a reculé de près d'un point depuis le début de la décennie. La densification réglementaire et la jurisprudence tendanciellement étatiste des tribunaux expliquent ce repli.

La recherche réalisée cette année établit une corrélation positive entre les libertés économiques et le bonheur ou la satisfaction individuelle dans la vie. Les économistes Hans Pitlik, de l'Institut viennois de recherche économique (Wifo), en Autriche, ainsi que Dulce M. Redin et Martin Rode, de l'Université de Navarre, en Espagne, trouvent que le contrôle économique sur sa propre vie augmente le bonheur, indépendamment d'une augmentation du produit intérieur brut par habitant ou d'une autre amélioration de la prospérité. En utilisant les données de l'enquête mondiale sur les valeurs (World Values Survey) et de l'étude européenne sur les valeurs (European Values Study), les auteurs parviennent à démontrer que les libertés économiques impactent fortement et durablement les perceptions de satisfaction.

Le lien positif entre les libertés économiques et les différents indicateurs de la qualité de la vie, comme le revenu, la croissance économique, la réduction de la pauvreté et l'espérance de vie est également confirmé. Les Etats dans le premier quartile des pays les plus libres affichent un revenu moyen par habitant (corrigé du pouvoir d'achat) de 38.601 dollars, alors que ceux dans le dernier quartile n'atteignent que 6986 dollars. Le revenu des 10% des habitants les plus pauvres du premier quartile se monte à 9881 dollars, pendant que les 10% les plus pauvres du dernier quartile doivent se contenter de 1629 dollars. L'espérance de vie dans les économies libérales atteint 80,1 ans, contre 63,1 ans dans les économies réprimées.

L'indice, conceptualisé entre autres par les lauréats Nobel Milton Friedman, Douglass C. North et Gary Becker, fait figure de référence scientifique en la matière. Il évalue le cadre institutionnel d'un pays sur la base de 42 indicateurs dans cinq domaines: l'ampleur de l'activité de l'Etat, la primauté du droit et la sécurité de la propriété privée, la stabilité de la monnaie, le libre-échange international et la densité réglementaire.

Pierre Bessard, L'Agefi

14 septembre 2015