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Le financement en question

Les retraites en débat lors des 46es Journées de l'USAM.

Point final des 46es Journées de l'Union suisse des arts et métiers à Champéry hier matin, un débat a opposé deux visions de l'avenir de nos retraites. Faisant suite à l'intervention du conseiller fédéral Alain Berset qui a présenté lundi sa conception de l'avenir des retraites en Suisse, l'USAM a clairement laissé entendre son désaccord sur certains points tout en reconnaissant des qualités au projet. En gros, il ressort que l'Union se montre favorable aux économies et autres assouplissements vers le haut et opposée à toute augmentation de la fiscalité directe ou indirecte. Ces positions rejoignent celles du patronat suisse et ont sous-tendu le débat final placé sous le thème "âge de la retraite à la carte, quelles conséquences pour les PME?" animé par le journaliste de la Radio romande Claude Défago.

Souplesse

Quatre débatteurs, un mot en commun: souplesse. Mais une compréhension différente. Pour Pierluigi Fedele, membre du comité directeur du syndicat Unia, cette souplesse se comprend comme une facilitation accordée aux salariés pour prendre leur retraite plus tôt à des conditions qu'il définit comme "décentes pour tout le monde" , sans préciser plus.

En revanche, selon Marcel Delasoie, cette souplesse s'entend plutôt vers une prolon gation de la vie professionnelle au-delà des 65 ans actuels. Le secrétaire général du Bureau des métiers propose cependant des aménagements qui doivent adoucir la mesure. "Pourquoi ne pas imaginer un système de départ à la retraite progressif. A partir d'un certain âge, l'employé diminuerait son temps de travail. Le salaire ainsi perdu se verrait compensé par la caisse de retraite à laquelle le bénéficiaire cotiserait plus longtemps, au-delà de 65 ans." Une solution que retient aussi Jean-Pierre Rosselet, président de la Fédération vaudoise des entrepreneurs. Lui-même patron, il évoque le plaisir qu'ont ses employés à travailler: "Nombre de salariés veulent plutôt continuer leur activité plutôt que de prendre une retraite anticipée. Pourquoi ne pas leur en donner les moyens si cela arrange tout le monde?"

Vers l'allongement de la vie active

Pierre Bessard, directeur de l'Institut Libéral, préconise un allongement de la vie active, une mesure "qui relève tout simplement du bon sens à la vue de la progression démographique. Si nous n'y avons pas recours, il faudra passer par la fiscalité". Une idée qui ne séduit que le syndicaliste Pierluigi Fedele qui brosse un portrait moins idyllique de la réalité du monde du travail. Sans nier le plaisir de certains, il souligne aussi les souffrances endurées par des employés à bout de souffle. Son expérience du terrain le fait aussi douter du désir patronal d'employer des travailleurs âgés comme le préconisent ses contradicteurs.

Au final, même si chaque camp se dit prêt à faire un petit pas vers l'autre, le problème du financement de cet assouplissement fera encore l'objet d'une rude bataille politique.

Le Nouvelliste

3 juillet 2013