Liberales Institut im Dienst der Freiheit

Institut Libéral
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«Le libéralisme a plutôt bonne presse en Suisse»

L'Institut Libéral, un centre de réflexion suisse, étend ses activités en Suisse romande.

Fondé en 1979 à Zurich et dédié à l'exploration des idées de liberté, l'Institut Libéral veut s'ouvrir aux jeunes Romands. Pierre Bessard, son directeur, explique.

Le Temps: A quoi servira l'Institut romand?

Pierre Bessard: L'Institut offre aux libéraux de Suisse romande un point d'ancrage pour défendre leurs valeurs. Il fait vivre la tradition intellectuelle du libéralisme, à travers ses grands penseurs classiques ou contemporains, en particulier à l'adresse des jeunes générations. Il contribue aussi à élargir le débat sur les enjeux du moment, comme la crise de l'euro ou l'avenir de l'Etat providence. Et il esquisse des solutions aux défis de politiques publiques, comme la fiscalité, la prévoyance vieillesse ou le système de santé.

— Avez-vous l'impression que le libéralisme a mauvaise presse?

— Le libéralisme a plutôt bonne presse en Suisse, mais il est souvent mal interprété! Il y a deux erreurs récurrentes: en attendre un monde parfait, alors que la liberté ne peut que refléter la réalité humaine, avec ses grandeurs et ses défaillances. Une société libre est plus résiliente, plus juste et plus efficace, mais elle n'est pas parfaite. La seconde erreur consiste à croire que si l'Etat ne fait pas quelque chose, cette chose ne se fera pas. Or, la société civile et l'économie de marché résolvent souvent mieux et à moindre coût les problèmes de société dont on pense que l'Etat devrait s'occuper.

— En quoi le libéralisme apporte-t-il une réponse à la crise que traversent les économies industrialisées?

— L'économie politique libérale est la réponse à la crise. Les fuites en avant monétaires et budgétaires de ces dernières années ne font qu'empirer les problèmes. Elles réduisent le potentiel de reprise et de croissance à long terme. Ce qui serait requis dans ces pays, c'est une profonde décrue fiscale, une libéralisation du marché du travail et un redimensionnement des promesses non financées de l'Etat social. Dans le secteur financier, il s'agirait d'amorcer un retour à la responsabilité et à la solidité en mettant un terme à l'orgie de liquidités facilitée par les banques centrales.

— Comprenez-vous la tentation protectionniste qui se manifeste dans de nombreux pays?

— Je la constate, mais je ne la comprends pas, car le protectionnisme n'a jamais préservé les intérêts d'un pays. Tout au plus préserve-t-il les privilèges de quelques producteurs, aux dépens de l'ensemble de la société. Le gain du libre-échange provient en premier lieu des importations, de la division du travail et de la spécialisation. Le libre-échange est par définition un jeu à somme positive.

— Le libéralisme est-il humaniste? Quelle place laisse-t-il pour la solidarité?

— Le libéralisme est le seul véritable humanisme, dans le sens où il est conforme à la réalité de la condition humaine. Il ne cherche pas à créer un homme nouveau. La solidarité est un sentiment qui se ressent et se choisit. Elle ne permet pas de justifier des droits sur autrui, notamment sous la forme de transferts obligatoires. Mais l'empathie fait partie du génome humain et il n'y a donc pas de contradiction entre la solidarité bien comprise, inspirée par l'altruisme et la morale individuelle, et le libéralisme.

Ram Etwareea, Le Temps

28 septembre 2012