Les relations difficiles entre les intellectuels et l'argent

Alan Kahan

ESSAI. L'intelligentsia tend à ne pas aimer le capitalisme et la bourgeoisie. Il serait grand temps d'une trêve.

Pourquoi tant d'intellectuels haïssent-ils l'économie de marché ? Que lui reprochent-ils? Pour nombre d'entre eux, les réponses à ces questions sont tellement évidentes qu'il est inutile de les poser. Les raisons sur lesquelles reposent leurs sentiments sont inhérentes à leur identité profonde. Elles découlent du rôle qu'ils jouent dans les sociétés modernes et des traditions historiques qui les inspirent. Leur identité, leur position sociale et leur histoire sont à l'origine de leurs assauts contre le capitalisme et la bourgeoisie.

Les intellectuels anticapitalistes typiques peuvent désirer abolir la propriété privée ou la conserver tout en critiquant les grandes entreprises et la technologie moderne; ils peuvent désigner les spéculateurs en bourse ou la liberté internationale des échanges comme cibles principales de leur colère ou considérer que les commerçants sont des «esclaves de Mammon». Parfois ils veulent remplacer le capitalisme par autre chose, ou alors ils méprisent les capitalistes tout en se résignant au système. Ils déplorent les inégalités matérielles ou les effets de la croissance économique, sans jamais prendre en compte la baisse de la pauvreté ou le relèvement de l'espérance et du niveau de vie. Le spectre de leur opposition est large. Sa nature varie comme son intensité, mais elle reste toujours présente: beaucoup d'intellectuels n'aiment pas le capitalisme, ne l'ont pratiquement jamais aimé et ne l'aimeront jamais.

Depuis le milieu du dix-neuvième siècle, de nombreux intellectuels occidentaux mènent une «guerre» contre le capitalisme. L'heure de la trêve aurait dû sonner il y a longtemps.

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Les relations difficiles entre les intellectuels et l'argent
(7 pages, PDF)

Mars 2020

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