Liberales Institut im Dienst der Freiheit

Institut Libéral
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De nouvelles perspectives pour les libertés individuelles

Quelques impressions du congrès estival international pluridisciplinaire de Pully-Lausanne.

La liberté est encore malmenée dans le monde: selon l'indice Freedom House, la majorité (55%) de l'humanité vit sous des régimes répressifs. Le témoignage de Shin Dong-hyuk, seul rescapé d'une évasion d'un camp de concentration de Corée du Nord à ce jour, en a été une illustration émouvante lors du congrès de l'International Society for Individual Liberty et du Mouvement pour la Liberté, qui s'est tenu du 22 au 25 août à Pully-Lausanne, avec la participation de l'Institut Libéral. La conférence, qui a réuni une vingtaine d'intervenants, dont Henri Lepage, Daniel J. Mitchell, Rahim Taghizadegan, Nathalie Janson, Benoît Malbranque ou Frederik Roeder, et une centaine de participants, a porté sur la démocratie et les institutions, le système de santé, les potentiels d'Internet, mais aussi sur la problématique monétaire, bancaire, fiscale et budgétaire qui continue de préoccuper une grande partie du monde occidental. Bref tour d'horizon des interventions des orateurs de l'Institut.

Ouvrant les feux, Pierre Bessard, directeur de l'Institut Libéral, a démontré que la démocratie, en tant que processus décisionnel collectif, ne recelait que peu de valeur intrinsèque. Elle pouvait même se montrer antinomique à la liberté lorsqu'elle étend son champ d'application à des domaines relevant du secteur privé. Le débat n'est plus aujourd'hui entre la démocratie et l'autocratie, mais entre la sphère privée et la sphère publique. Pour limiter cette dernière, l'expérience de l'Europe et de la Suisse montre que c'est la fragmentation politique permettant le «vote avec les pieds», davantage que les urnes, qui est déterminante - un facteur qui a favorisé leur essor historique. La Suisse a su mieux que d'autres pays limiter l'étendue du vote majoritaire pour protéger les minorités à travers sa décentralisation poussée, la double majorité des cantons et certains freins constitutionnels. La démocratie directe joue cependant un rôle ambigu, dans le sens où elle peut servir à la fois de droit de veto, et donc limiter l'étendue de la politique, et de force interventionniste.

Présentation de Pierre Bessard:
«Why Pluralism and Competition among Institutions Matter More than the Ballot Box»

Lors d'une session dédiée au système de santé, Alphonse Crespo, médecin, président du réseau de médecins libéraux MedLib et vice-président du Comité de l'Institut Libéral, a relevé l'importance de la notion de propriété de soi et de son corps dans la relation entre le patient et son médecin. Or l'environnement institutionnel et social joue un rôle important à cet égard: aujourd'hui l'immixtion d'un tiers-payant fausse cette relation en exigeant des médecins de servir deux maîtres à la fois, ce qui ne peut pas produire de bons résultats sur la durée. Les patients doivent aujourd'hui regagner le contrôle sur leurs médecins. Les comptes d'épargne santé individuels, la privatisation des hôpitaux, la déréglementation des processus bureaucratiques d'approbation des médicaments sont autant de mesures et de solutions qui permettraient de renouer avec une médecine hippocratique telle qu'elle devrait être et de restaurer le libre choix et la responsabilité des prestataires comme des patients.

Présentation d'Alphonse Crespo:
«The Battle for Self Ownership in Medical Care»

Marco Ricca, ingénieur et entrepreneur dans le secteur des technologies de l'information, a expliqué qu'Internet est non seulement le formidable produit (jamais planifié) de l'action humaine individuelle et libre, mais qu'il est en plus fortement conducteur de ces valeurs en réduisant de façon drastique le coût de la production et de la diffusion d'idées. Et si sur un marché libre, les meilleurs produits doivent s'imposer, il en va de même des idées et d'Internet : l'économiste libéral Ludwig von Mises obtient beaucoup plus de hits que John Maynard Keynes, par exemple. Internet rend anachroniques certaines lois, comme les barrières aux échanges ou la censure, et permettra de s'affranchir du monopole monétaire actuel, ainsi que le suggère déjà Bitcoin. Internet contribue aujourd'hui à émanciper les consciences, et à faciliter la mobilisation politique contre la tyrannie et l'émergence d'individus libres et autoréalisés où qu'ils se trouvent.

Présentation de Marco Ricca:
«A case for hacktivism, or how hackers will help build a libertarian 21st century»

28 août 2013