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L'effet Bernanke

Une politique monétaire ultraexpansive peut aussi servir des fins électoralistes.

Parmi les nombreuses raisons qui ont reconduit Barack Obama à la présidence des États-Unis, la politique monétaire pourrait être le facteur sous-estimé. Avec un taux de chômage de 8% et une croissance anémique, l'économie américaine semblait nécessiter un changement de régime. Mais c'est sans compter les possibilités offertes par l'inflation monétaire, qui semble avoir permis de relever artificiellement les cours des actions en bourse et les prix de l'immobilier juste à temps pour l'élection. Mary O'Grady, éditorialiste au Wall Street Journal, calcule que le rendement total de l'indice S&P 500, du début de l'année à la veille de l'élection, a été de presque 13,9%. Le Dow Jones Industrial Average a rapporté quant à lui près de 9,2%. Cela signifie que de nombreux Américains ont eu le sentiment que les pertes subies après la crise financière de 2008 avaient été récupérées, comme par enchantement. Le marché immobilier s'est également rétabli dans une partie du pays.

Que le crédit bon marché et la recherche de rendement puissent générer une nouvelle bulle ne semble pas vraiment pris en compte par les investisseurs, observe Mary O'Grady. Il n'est pas déraisonnable de penser que de nombreux citoyens, dont les portefeuilles d'actifs ont été «relancés» par le déversement sans précédent de liquidités de la Réserve fédérale, pensent que la politique keynésienne de Barack Obama les rend plus prospères. Mais des intérêts proches de zéro et le financement de l'État américain par l'apaisement quantitatif peuvent-ils vraiment enrichir un pays? Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale, peut-il effacer les déséquilibres économiques et budgétaires causés par les manipulations monétaires précédentes en recourant à la planche à billets? «Si c'était le cas, l'Argentine serait un pays riche; à la place elle est pauvre et son système politique est dominé par des démagogues populistes de gauche», conclut Mary O'Grady.

C'est une analyse préoccupante qui souligne les risques de dérive de plus en plus apparents d'un système de socialisme monétaire.

7 novembre 2012