Liberales Institut im Dienst der Freiheit

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Le système de santé entre dirigisme et concurrence

La conférence de l'Institut Libéral a thématisé les risques d'une étatisation de la médecine.

Le système de santé en Suisse donne dans l'ensemble satisfaction dans les soins qu'il fournit. Mais les défis de fonctionnement et d'organisation sont aussi nombreux et connus. Le système se trouve aujourd'hui dans une spirale législative qui est en train de bureaucratiser de plus en plus la médecine et qui représente une atteinte à la liberté d'entreprendre et d'innover des différents prestataires du secteur. La conférence du 5 novembre, à la Clinique Bois-Cerf à Lausanne, en a examiné les causes et contemplé les issues. Elle était également le vernissage de l'ouvrage «Au chevet du système», publié par l'Institut Libéral, qui plaide en faveur de davantage de liberté, de responsabilité individuelle et de concurrence. L'Institut Libéral accorde une importance spécifique au financement du système, comme l'a souligné Pierre Bessard, puisque c'est la collectivisation excessive de ce financement et les incitations qu'il génère qui est en train de provoquer une étatisation progressive du système.

C'est d'ailleurs ce qui ressort très clairement de la pratique. La complexité du financement fait figure de véritable usine à gaz. Les subventions croisées rendent toute décision économique beaucoup plus difficile, étant donné qu'une vue d'ensemble est quasi-inatteignable. La concurrence a été remplacée par la créativité des conseillers d'État et des administrations cantonales, ainsi que l'a observé Cédric Bossart, directeur de la Clinique Bois-Cerf. L'ouverture du marché hospitalier à l'offre privée, notamment, est à la traîne en Suisse romande, alors qu'elle revêt un important potentiel. Les hôpitaux privés se fondent sur les incitations de marché, dont une orientation clients prononcée et inhérente, qui se reflète aussi dans la motivation supérieure des collaborateurs. Le secteur hospitalier privé est également le moteur de l'innovation, en recourant aux dernières technologies médicales. Il peut aussi agir comme investisseur et financier dans des partenariats publics-privés grâce à ses compétences de gestion, qui s'orientent selon les meilleures pratiques internationales et contrastent avec les critères administratifs généralement en vigueur dans le secteur public.

Présentation de Cédric Bossart:
«Le potentiel du secteur hospitalier privé»

La surréglementation du secteur de la santé est tout autant une préoccupation des assureurs, dans une branche où l'esprit d'entreprise traditionnel est de plus en plus restreint par un luxe de réglementations qui tuent le risque et la libre initiative. Yves Seydoux, membre de la direction du Groupe Mutuel, a constaté qu'un équilibre devait être retrouvé. La dérive réglementaire actuelle ne sert pas l'intérêt général et est inutile en termes d'efficience et de conduite du système. Les assureurs doivent en plus résister aux attaques répétées de la démagogie politique: l'énième projet de caisse unique menace de détruire le système actuel en l'insérant dans un carcan administratif uniformisé, dont la performance n'atteindra jamais celle de la concurrence. Il faudrait notamment s'attendre à des coûts informatiques de plusieurs centaines de millions de francs uniquement pour centraliser les données, avec des risques importants d'assister à une débâcle, en considérant les couacs récents à l'administration fédérale. Le système qui prévaut n'est certes pas parfait, mais il conviendrait d'en corriger les erreurs, plutôt que de supprimer les éléments qui font précisément sa force.

Communication d'Yves Seydoux:
«Défis actuels de la politique de la santé»

Il y a pourtant une relation consanguine entre la pratique hippocratique et la société libérale: le dirigisme étatique ne peut que perturber cette relation, a constaté Alphonse Crespo, médecin et président du réseau Médecine et Liberté. Dans l'histoire, avant l'avènement de la science, la médecine avait souvent des références mystiques: les premiers hôpitaux étaient d'ailleurs gérés par des fraternités religieuses. Cette situation a été remplacée par une nouvelle religion: l'idéologie collectiviste de l'État-providence. Sous son influence, le colloque singulier entre le médecin et le patient a été substitué par un régime bureaucratisé et administré. La Suisse a pu y résister pendant plus longtemps qu'ailleurs grâce au principe de la subsidiarité, mais la LAMal a changé la donne. En témoigne l'inique moratoire sur l'ouverture de cabinets. Les médecins, plus occupés à combattre la maladie que les administrations, sont de plus en plus fonctionnarisés. Quelles sont les issues? Un pilier capitalisé basé sur l'épargne individuelle, assorti d'une véritable assurance pour les grands risques, permettrait de rétablir les responsabilités personnelles, la liberté des prestataires et le contrôle du patient, ainsi que l'altruisme médical pour les personnes de condition modeste.

Présentation du Dr Alphonse Crespo:
«Contrat hippocratique et médecine libérale»

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7 novembre 2013