La Suisse, au 2e rang mondial de la liberté humaine

D'importantes divergences demeurent entre la liberté économique et d'autres libertés personnelles selon les pays.

La liberté humaine est en légère baisse dans le monde, selon l'indice 2018 co-publié, pour sa quatrième édition, par le Fraser Institute, la Friedrich-Naumann-Stiftung et le Cato Institute. L'indice est passé de 7,07 à 6,89 (sur une échelle de 10) selon les statistiques 2016 de 162 pays. Il est également en léger déclin sur dix ans. Cette étude de plus de 400 pages a pour originalité de prendre en compte à la fois la liberté économique et d'autres libertés personnelles.

La Suisse figure au 2e rang derrière la Nouvelle-Zélande, mais elle devance Hong Kong, l'Australie et le Canada. Les États-Unis sont 17e, la France 32e, l'Italie 34e, la Chine 135e. Les deux derniers pays du classement sont le Venezuela et la Syrie. La Suisse est leader de la liberté humaine en Europe occidentale devant le Danemark alors que l'Italie est dernière, et la France avant-dernière au niveau continental.

Si la Suisse arrive 4e dans le monde pour la liberté économique, elle n'est que 10e pour d'autres libertés personnelles. Elle obtient la note maximale de 10 pour la liberté de mouvement et d'assemblée, mais seulement de 7,4 pour la taille de l'État et de 5,2 pour l'application légale des contrats. Sur une décennie, son score diminue pour la liberté personnelle, notamment à cause de la liberté religieuse, mais la liberté économique tend à s'améliorer dans le pays.

Le classement signale de grandes différences selon les critères. Pour la liberté économique, Hong Kong arrive en tête, les États-Unis sont 6e et la Géorgie 7e mais ces pays ne sont respectivement que 32e, 28e et 58e pour d'autres libertés personnelles.

A l'inverse, la Suède figure au 3e rang de la liberté personnelle, le Danemark 4e et la Finlande 5e, mais ces pays ne sont respectivement que 43e, 16e et 22e selon la liberté économique.

L'indice de liberté humaine accorde le même poids aux libertés personnelle et économique. Définissant la liberté comme l'absence de contrainte d'un individu sur un autre, l'étude mesure à quel point les droits des individus sont respectés. L'indice s'appuie sur 70 critères répartis entre 12 catégories distinctes telles que l'État de droit, la sécurité, la liberté de mouvement, la liberté religieuse, la société civile, la liberté d'expression, la taille de l'État, les droits de propriété, la liberté des échanges, la réglementation du crédit. Sur dix ans, des progrès émergent dans neuf catégories et diminuent dans trois autres (religion, mouvement et État de droit). La liberté est menacée par la montée du nationalisme, du populisme et des formes hybrides d'autoritarisme dans la plupart des pays, selon les auteurs, Ian Vasquez et Tanja Porcnic.

L'étude rappelle la thèse du philosophe Samuel Huntington: la liberté se propage par vagues. Chacune d'entre elles comprend davantage de nations libres que la précédente. Et la contraction suivante inclut un plus petit nombre de pays. Deux arguments sont avancés en faveur de la liberté. Le premier, celui de la loi naturelle, stipule que chaque individu a le droit de faire ses propres choix. Le second montre que la liberté produit de meilleurs résultats économiques que la répression.

Les pays du premier quartile de liberté humaine présentent un revenu moyen par habitant de 39.249 dollars, ceux du dernier quartile, de 12.026 dollars. Les auteurs montrent que 15% de la population mondiale vivent dans le premier quartile et 42% dans le plus bas. On notera que la corrélation entre la liberté humaine et la démocratie est élevée, Hong Kong faisant exception à la règle.

Lire le rapport:
Human Freedom Index
(406 pages, PDF)

16 décembre 2018